Mai 2013 |
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Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
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Long de 3 500
km, le corridor Dakar-Nouakchott-Casablanca
a plutôt l’ambition de déboucher sur la ville de Tanger, informe d’emblée Taleb
Berrada, ambassadeur du Royaume
du Marocau Sénégal, lors
du lancement de la caravane Saga Africa
organisée par le Centre des jeunes
dirigeants d’entreprises(CJD international).
C’est donc parti pour une véritable odyssée, une aventure exceptionnelle vécue
par une quarantaine de jeunes porteurs de projet sénégalais, rejoints en cours
de route par une dizaine de leurs camarades mauritaniens.
Le tronçon Dakar-Casablanca est en réalité un
véritable tapis roulant, un corridor du développement pour paraphraser le
diplomate marocain. Axe routier stratégique, il va participer à la mise en
place d’une économie régionale intégrée mettant en exergue l’activité
économique du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc. Selon les spécialistes, les
avantages comparatifs de ce corridor entièrement bitumé sont inestimables. Il
représente une alternative sérieuse à la cherté du transport maritime des
conteneurs.
C’est sans doute consciente de ces enjeux que l’antenne sénégalaise du CJD international, dirigée par Marième Fall, a offert l’opportunité à
une cinquantaine de jeunes porteurs de projet de vivre les mille et une
sensations d’un voyage exceptionnel. La caravane qui s’est ébranlée de Dakar le 1er avril dernier
a connu ses premières difficultés à
Rosso Sénégal.
Arrivés à 13 heures dans cette ville frontalière entre le Sénégal et la
Mauritanie, il nous a fallu prendre notre mal en patience jusqu’à 16 heures 30
pour faire la traversée du fleuve Sénégal.
C’est parce que le bac « Trarza »observait
une pause et était ainsi stationné de l’autre côté de la rive, en territoire
mauritanien.
Tracasseries policières et douanières
Une fois cette pause terminée, le bac débarque la caravane à Rosso Mauritanie, sur l’autre rive du
fleuve. Là, les tracasseries s’intensifient de plus belle. Chaque membre du
convoi doit débourser 50 euros et faire le change en monnaie locale (ouguiyas).
Renseignements pris, il s’agit de la somme qui doit attester que le voyageur
détient de l’argent de poche nécessaire à son séjour sur le territoire
mauritanien.
C’est la qu’on se rend compte que, malgré sa proximité avec le Sénégal, la Mauritanie n’est pas membre de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine). Une
contrainte supplémentaire pour les membres de la caravane d’autant que la
présence d’une Guinéenne et de deux Centrafricains dans le convoi va davantage
corser les conditions de traversée de cet État situé à la lisière de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.
Pis, les gendarmes mauritaniens en rajoutent. Le bus venu de Dakar et qui transportait les
passagers du convoi est interdit de rentrer dans le territoire mauritanien,
conformément à une législation locale sur les transports en commun, en vigueur
depuis quelques mois. Il a fallu moult interventions de l’ambassadeur du Sénégalet surtout du ministre
mauritanien du Commerce pour que la situation se décante enfin.
Le « ouali » (gouverneur) de Rosso
Mauritanie a aussi joué un rôle de premier plan pour que gendarmes et
policiers daignent laisser le convoi poursuivre sa route. Il était temps, parce
que le convoi a passé près de cinq heures à la frontière.
Cap sur Nouakchott.
La suite du trajet est avalée sans anicroche. Le décor qui s’offre au regard
des passagers est rustique. Pas de végétation luxuriante encore moins
d’habitations imposantes. Plutôt des dunes de sable à perte de vue et quelques
oasis. Une halte dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, pour se reposer et
recharger les accus. Et puis, nous voilà ensuite à la frontière entre la Mauritanie et le Maroc.
Cette fois-ci, pas de difficultés majeures. La ville marocaine de Dakhla s’offre à la vue du visiteur. Dakhla, Boujdour puis Laayoune
sont traversées. Nous sommes dans la partie sahraouie du royaume chérifien.
Tout marche comme sur des roulettes, jusqu’à Marrakech avant que
Casablanca n’accueille enfin des caravaniers exténués, mais tout heureux
d’avoir eu la chance de participer au premier salon des entrepreneurs africains
(Hub Africa) organisé par le CJD
international.
L’ère des « business angels »
Place donc aux assises marquant le premier salon Hub Africa. Pour le président du CJD international, Zakaria
Fahim, l’Afriqueest
capable de passer du rêve à l’action. Le thème de l’auto-entrepreneuriat
développé au cours de Hub Africa est
plus que jamais d’actualité au moment où, au Maroc et dans la plupart des autres pays africains, 70 % du tissu
économique est constitué de très
petites entreprises(TPE).
Le patron du CJD international qui
a tiré les enseignements majeurs du salon de Casablanca, estime aussi que le vrai financement alternatif est
aujourd’hui lié à l’activité des « business angels ». Il s’agit là de
particuliers, d’indépendants, bref d’entrepreneurs chevronnés qui peuvent
financer n’importe quel projet à condition que le « business plan »soit
convaincant et reflète un dossier innovant.
Pour sa part, la présidente du CJD Sénégal, Marième Fall,reconnaît que l’Afrique du Nord est un peu en avance sur la partie subsaharienne
du continent en matière de promotion des « business angels ».
C’est un concept à développer au Sénégal
plus particulièrement, et le CJD
entend s’y atteler. Elle exhorte les jeunes porteurs de projets
sénégalais et mauritaniens à profiter des opportunités offertes par le CJD, un réseau international de 5 000
membres qui peut leur être d’un apport inestimable en ce qui concerne l’accès
au financement et l’encadrement technique.
Le directeur
général de Microsoft Maroc, Samir Makhlouf, est resté très
optimiste en analysant les perspectives ouvertes par Hub Africa. Avec un riche potentiel d’un milliard d’individus, l’Afrique est, à ce jour, le seul
continent qui va connaître des pics de croissance dans tous les domaines au
cours des dix prochaines années, informe-t-il. C’est sans doute la raison pour
laquelle le continent ne doit pas rater le train de la révolution numérique
comme elle a malheureusement raté celui de la révolution industrielle.
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