Mai 2013 |
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Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde.
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Il faut
ré-in-dus-tria-li-ser !
Dans un débat télévisé à couteaux tirés, Manuel Valls et Jean-François Copé
sont tombés d’accord sur ce point. A l’unisson de leurs champions respectifs,
Nicolas Sarkozy qui évoque la création d’une banque de l’industrie et vante les
mérites des cols bleus dans ses visites de terrain, et François Hollande qui
annonce la priorité à l’industrie et entend, lui aussi mobiliser l’épargne en
faveur des PME.
Belles envolées de campagne et promesses ambitieuses ! Vaste programme, pourrait-on dire en reprenant une formule du général de Gaulle.
L’analyse du bilan des années passées et des prévisions des experts s’avère beaucoup moins idyllique. En 2011, ce sont plus de 4200 entreprises de plus de 10 salariés qui ont fait faillite, indiquait récemment le quotidien La Tribune (lui aussi condamné à une nouvelle cure d’austérité et à disparaître des kiosques en tant que quotidien).
Sur les cinq dernières années, on peut ainsi constater un étiolement du tissu industriel qui constitue bien une exception française. Le poids de l’industrie dans la valeur ajoutée se situe à environ 15 % en France, bien en dessous du niveau de l’Allemagne, mais aussi, ce qui est plus surprenant, de l’Italie et de la Grande-Bretagne. L’étude réalisée par le Centre d’analyse stratégique (CAS), organisme tout à fait officiel, permet de découvrir une évolution de l’emploi dans le secteur marchand, traduisant « une transformation structurelle du tissu productif français ».
Globalement, il est prévu pour la période 2011-2016 une création nette de 783 000 emplois. Ce mouvement est dû essentiellement aux services aux entreprises – qui regroupent entre autres l’intérim et le nettoyage, les activités de conseil et les services aux particuliers (concernant notamment les personnes âgées). En revanche, les secteurs fortement soumis à la concurrence internationale - on y retrouve les poids lourds de l’industrie, automobile, équipements mécaniques, textile-habillement, équipement du foyer, métallurgie, équipements électriques et électroniques - continueront à perdre des emplois (137 000 d’ici à 2016).
Fortement malmenés par
les pays émergents d’un côté – au coût du travail terriblement inférieur - et
de l’autre les pays à forte technologie, ces secteurs ne trouveront leur salut
que dans l’innovation, estiment les experts du CAS.
L’expérience des dernières années n’est guère encourageante à cet égard, compte
tenu de la tendance des grandes entreprises à privilégier la rémunération des
actionnaires dans la répartition de la richesse et à délocaliser l’outil de production.
Un défi de taille à relever pour les candidats à la magistrature suprême !
Article publié en collaboration avec Place Publique
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