Juillet 2014
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Baden-Powell


Italie : les trois révolutions de Mario Monti

Troisième étape de notre tour d’Europe de la crise : l’Italie qui semble en mesure d’accomplir en quelques mois une révolution qu’elle n’avait su entreprendre. Par le correspondant du CJD à Milan.
Troisième étape de notre tour d’Europe de la crise : l’Italie qui semble en mesure d’accomplir en quelques mois une révolution qu’elle n’avait su entreprendre. Par le correspondant du CJD à Milan.

Un vieux proverbe asiatique dit « je te souhaite de vivre dans des temps intéressants ». C’est exactement ce qui passe actuellement en Italie. L’arrivée de Mario Monti à la tête du gouvernement italien a amené une vraie révolution politique, de système et culturelle.

Révolution politique. Pour la première fois depuis longtemps, les Italiens s’intéressent aux actions d’un gouvernement de leur pays. Avant Mario Monti, ils considéraient comme plus essentielle la nomination d’un entraîneur d’équipe de football que celle du chef de gouvernement. Aujourd’hui, les Italiens découvrent l’importance d’avoir président du Conseil compétent, qui fait autorité. Et ils se découvrent prêts à accepter les sacrifices pour faire face à la crise internationale et si l’Italie peut y regagner une place plus prestigieuse en Europe. Ce n’est que dans les derniers mois que le peuple italien s’est rendu compte de la gravité de la crise qui a mis le pays en danger.

Révolution de système. Monti a prouvé qu’un gouvernement peut faire des réformes et qu’il peut agir rapidement. En deux mois, il a transformé la fiscalité italienne, le système des retraites et a lancé un programme de libéralisation, dont les politiciens parlaient depuis douze ans, mais que quatre gouvernements (soit de centre droit, soit de centre gauche) n’avaient pas osé faire. Pour la première fois, un gouvernement italien a fait preuve d’une force politique et institutionnelle capable d’imposer des réformes aux catégories professionnelles que personne n’avait eu le courage de défier : syndicats, chauffeurs de taxi, pharmaciens, avocats, notaires, commerçants. Le prochain tableau de marche concerne la réforme de la justice et du travail. Deux réformes décisives pour arrêter le déclin moral et social de l’Italie.

Révolution culturelle. Malgré tous les sacrifices imposés par le gouvernement, les sondages disent que l’appui des Italiens à Mario Monti est de 55-60 %. C’est-à-dire qu’ils apprécient un professeur compétent et discret, qui n’aime pas parler de lui même en public, mais plutôt des affaires économiques, et qui tient tout ce qu’il a promis. Mais surtout un chef qui a un projet sur le futur du pays et qui est très respecté au niveau international. C’est un spectacle inhabituel en politique italienne et ça va changer beaucoup de choses dans la culture politique du peuple italien.

On n’a pas de boule de cristal pour imaginer les résultats de tout cela, mais si Mario Monti achève sa mission, nous aurons un pays ayant acquis un degré de liberté économique plus haut, qui sera mieux préparé à la compétition internationale et plus respectueux des règles et des institutions. Un partenaire plus crédible pour discuter du projet de renforcement de l’Union européenne.

Ugo Poletti


Ugo Poletti
Le 13-02-2012
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