Septembre 2014
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Jocho Yamamoto


Ludovic Solo ou la passion de l’équilibre

Ludovic Solo
Diriger son entreprise d’optique et pratiquer la naturopathie sont, pour Ludovic Solo, deux façons différentes d’assouvir un même besoin : « aider l’autre à trouver sa cohérence». La boîte à outils favorite de ce bâtisseur d’harmonie ?... « Le CJD ».

Ne cherchez plus une direction bicéphale d’entreprise qui fonctionne ; rendez-vous à la boutique d’optique Solo, à Saint-Quentin : « Chacun son job. A Caroline, mon épouse, l’ici & maintenant, à moi la prospective. Au prix dequelques remises en question régulières, cela fonctionne très bien».

Flash-back : Caroline et Ludovic sont employés depuis 10 ans dans cette vaste boutique lorsqu’en 2004, on leur propose de la reprendre. Hasard ? Au même moment, le CJD de Saint-Quentin renaît, lui, de ses cendres. Dès le départ, Ludovic est de l’aventure : « Logique : on voulait une entreprise centrée sur l’humain. Et si je me suis pas mal investi, quel retour ! La commission en mode miroir ? On vous y dit vos quatre vérités et, souvent, cela vous empêche de dormir, mais ça fait progresser très vite aussi. Puis, la démarche de Copernic et les cursus d’apprentissage nous ont vraiment conduits au bon positionnement ». Cela n’avait pourtant rien d’évident. Sur un marché qui croît doucement en valeur, mais pas en volume, compliqué encore par le jeu de mutuelles qui se constituent en réseaux fermés, le tandem fait le choix du qualitatif et de l’indépendance. Un vrai risque. « On ne vend pas un produit, on répond à un besoin ; une réponse forcément individualisée ».Résultat : « on marge moins que nos confrères et on y passe trois fois plus de temps, mais on s’est constitué une clientèle fidèle et, sans faire fortune, on fait vivre six personnes en faisant notre métier comme on l’aime ».

Ayant compris les rouages essentiels de l’entrepreneuriat, Ludovic s’emploie désormais à valoriser qualités et talents des autres membres de l’entreprise, « mon épouse la première », et à rejoindre son prochain horizon : « Un fonctionnement suffisamment performant pour me libérer les deux demi-journées que j’entends passer dans mon cabinet de naturopathe ».

« Diriger, c’est une création perpétuelle »

La naturopathie, se demande-t-on, quel rapport ? « La première fois que j’ai entendu ce mot, en 2001, j’ai su aussitôt que j’avais quelque chose à faire avec cet art de l’équilibrage des énergies humaines, physiques comme psychiques ». Aujourd’hui, après 4 années de cours, séminaires et stages et autant d’une pratique réfléchie, Ludovic ne « dépanne » encore que quelques relations, bénévolement et à leur demande expresse. Et il lui faut dire « non» bien trop souvent à son goût. « C’est davantage qu’une passion ; c’est ma place. Quand je vois les gens entrer dans la boutique, je sens quand quelque chose ne va pas et j’éprouve un vrai besoin de les aider. Être à l’écoute, trouver une solution personnalisée, il s’agit là encore d’aider les gens à y voir clair, mais de manière plus globale. En leur restituant de surcroît les clés de leur bien-être, en les ré-autonomisant ». Pour ne plus avoir à dire « non », Ludovic est donc en train de revoir le fonctionnement de l’entreprise et pense atteindre son objectif d’ici quelques mois. « C’est tout l’intérêt du métier de dirigeant, cette créativité perpétuelle : définir la stratégie, penser le management, envisager l’avenir tout en s’adaptant sans cesse aux imprévus… »

Mais, en dépit de la force de son appel intérieur, il n’entend pas précipiter les choses. « Cet équilibre que je prétends rendre aux autres, il me faut d’abord le maîtriser parfaitement, ce qui implique disponibilité, cadre cohérent et économiquement maîtrisé. La naturopathie envisage l’homme dans sa totalité de la même manière que le CJD envisage l’entreprise dans sa globalité, c’est pourquoi je me sens si bien dans cette structure. Cela dit, pour être franc, il reste pas mal à faire de ce côté pour nos dirigeants, car s’il y a bien une chose qu’ils ont tendance à négliger, c’est eux-mêmes et leur santé ».Mais cela aussi, on finit par l’apprendre ; « la vie nous y oblige ! Cela fait partie de ces “lois” que l’on ne comprend que lorsqu’on les a expérimentées : comme lorsque j’ai produit ma première plénière pour le CJD. Un énorme investissement personnel, mais que d’apprentissages associés derrière. Alors, là, d’un coup, on percute : « C’est donc vrai, ce vieux truc un peu bateau : plus tu donnes, plus tu reçois !»

« Qu’as-tu fait de ton talent ? »

Décidément, c’est un bonheur d’interviewer Ludovic pour Jeune Dirigeant : vous lui parlez de lui, et lui en revient sans cesse au CJD. « Quand un collègue indépendant d’une ville voisine lui aussi engagé dans le haut de gamme est venu me trouver pour me proposer de rejoindre le groupement qu’il créait pour réfléchir et mutualiser les bonnes pratiques, j’ai dit oui tout de suite. Nous sommes cinq entreprises à présent qui, régionalement, tâchons de faire évoluer le métier de “l’opticien produit” vers “l’opticien besoin”. Eh bien, ça aussi : travailler ensemble, c’est au CJD que je l’ai acquis ». Le CJD aurait même appris à Ludovic à… se tromper ! « Si nous sommes une bonne trentaine aujourd’hui, en 2005, il a fallu tout reprendre à zéro. Et comme on pensait pouvoir faire mieux que ce qui nous était proposé, on a revisité certaines commissions… On s’est bien planté ! »

Et l’avenir ? Lorsque l’horizon « naturopathie » aura, à son tour, été atteint ? « Aujourd’hui, j’ai l’impression de détenir de nombreuses clés pour être performant. Il serait dommage que tout cela ne serve pas. J’envisage donc de créer une autre entreprise, pour vivre l’aventure depuis le commencement. Rien là d’un caprice, attention !(clin d’œil) Puisque j’agirai au nom d’une sage diversification ! »




La boutique d’optique Solo

Opticiens indépendants ayant ancré leur boutique de 100 m² (location-gérance) dans l’Aisne, au cœur de Saint-Quentin (60 000 habitants), Caroline et Ludovic Solo emploient 4 personnes en plus d’eux-mêmes et réalisent un CA de 900 000 € HT environ.

Jérôme Bourgine
Le 30-01-2012
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