
Entreprendre c’est bien ; mais encore faut-il comme point de départ une idée à creuser, une opportunité à concrétiser, un concept à rentabiliser ? Et le couple n’en a pas. La franchise vient pallier ce manque en fournissant un cadre formaté pour se lancer. Et c’est le secteur du travail temporaire qui retiendra l’attention d’Anthony et Sophie. « A mon dernier poste, j’avais recruté mon équipe… J’avais donc une sensibilité RH développée. »Au bout de cinq ans, en 2010, il décide de s’émanciper du franchiseur, ne se retrouvant pas dans les valeurs de ce dernier. « Mes clients, essentiellement des PME, attendaient autre chose ». Effectivement, l’ambition d’Anthony n’est plus de se cantonner à l’intérim, mais bel et bien de proposer à ses clients une offre complète de solutions en gestion des ressources humaines. Il rachète un cabinet qui assure des missions de recrutement, évaluation, bilan de compétences, formation, coaching de dirigeant et out placement. Idem avec une société qui fait du portage salarial. La success story peut commencer. Anthony innove en créant, par ailleurs, dans ses agences des espaces dédiés aux cadres dans lesquels ils ont accès sur un même lieu aux offres d’emploi en CDD ou CDI, aux missions d’intérim, à de l’accompagnement ou de la formation.
Une vision à dix ans
« En termes de valeurs, j’ai construit l’entreprise autour des collaborateurs, qui travaillent tous en mode projet, de la secrétaire aux cadres ». Tous impliqués en interne ou en externe (associations, réseaux…) pour faire aboutir des projets de l’entreprise. « J’ai une vision à 10 ans : celle de devenir un acteur territorial et social reconnu ». Une stratégie qui a amène Anthony à se tourner vers la jeunesse et son insertion dans la vie professionnelle. « Nous avons créé le premier pôle d’orientation scolaire et professionnel. Nous suivons des jeunes à partir de la troisième et leur proposons des stages ou des formations sur, par exemple, la gestion du stress ». Insertion, mais aussi réinsertion. « Nous nous occupons actuellement de trente repris de justice ». Un accompagnement est également proposé aux seniors, à travers la mise en place dans l’entreprise de politiques intergénérationnelles, ainsi qu’aux personnes handicapées. Même si Anthony l’avoue : « Concernant le handicap, nous n’avons pas encore trouvé notre approche ». Aujourd’hui, ce sont les talents de demain que souhaite plus particulièrement promouvoir l’entreprise. Sponsorisant les jeunes pleins de promesses qui se produisent dans les clubs sportifs de la région, au festival interceltique de Lorient ou à celui des Jeunes Charrues, Inter Pole pousse également les entreprises de la région à aider les jeunes artistes régionaux au travers le mécénat d’entreprise. « Les artistes exposent dans nos agences et encourageons nos clients à les encourager également ».
Entreprise responsable
Concernant la RSE, Inter Pole ne veut pas être dans la promesse, mais dans la preuve. L’entreprise, qui attache de l’importance au bien-être de ses collaborateurs, leur propose régulièrement des massages sur leur lieu de travail. De façon moins anecdotique, après s’être engagé dans les procédures ISO 9001 pour fédérer des acteurs très différents autour du projet de l’entreprise, Inter Pole s’engagera prochainement dans l’ISO 26000 qui affirmera davantage le caractère responsable, transparent et éthique de l’entreprise auprès de l’ensemble de ses parties prenantes Mais on ne réussit pas sans traverser des épreuves. Comptant aujourd’hui plus de 40 collaborateurs permanents et plus de 900 salariés en mission dans les entreprises, cinq agences à Vannes, Lorient, Quimperlé, Concarneau et Brest, avec un CA qui est passé de 1,5 M€ en 2005 à 17 M€ en 2011, la progression d’Inter Pole est fulgurante, ce qui n’est pas sans poser des difficultés, notamment de haut de bilan. « Nous nous ouvrons aux capitaux extérieurs pour continuer sereinement notre développement. »
Et pourtant, Anthony ne pense qu’à étendre son concept innovant, en bon stratège qu’il est. Il semble avoir déjà trouvé ses territoires. « L’avenir, ce n’est pas la France, mais l’Europe des régions ».
Aucun commentaire 
La politique est le premier des arts et le dernier des métiers.







