
En avril 2011, un jury d’élus de la Ville de Paris a sélectionné une quarantaine d’innovations dans le cadre de l’appel à projet « Mobilier Urbain Intelligent » publié début 2011. Une trentaine d’entreprises, d’inventeurs, de designers et d’artistes ont participé au concours, curieux de pouvoir tester leurs idées et produits dans l’espace public parisien. Les services de la voirie de la capitale française étudient les zones d’expérimentation possibles en vue d’implanter les prototypes pour une durée d’un an.
Injection de nouvelles technologies
A Paris comme ailleurs, il s’agit de valoriser les espaces publics en répondant
à des besoins de plus en plus diversifiés, en développant des mobiliers urbains
« deux en un ». Partout dans le monde fleurissent des modules
plurifonctionnels, intégrant le plus souvent les nouvelles technologies.
En Hongrie, les ministères de la Santé et de l’Intérieur se sont associés pour promouvoir l’installation à Budapest de totems intégrant un défibrillateur automatisé. Ce sandwich numérique, qui ressemble à un panneau publicitaire double face, est composé de deux bornes interactives délivrant des contenus publicitaires ainsi que toute l’information nécessaire à l’utilisation de l’appareil de soin.
Géolocalisation indoor
À New York, Nokia, Google et Orange expérimentent des abribus offrant une
connectique Wifi. Les citadins peuvent y télécharger gratuitement des sonneries
et des applications offertes par les annonceurs partenaires. À Barcelone, le
centre commercial La Maquinista a récemment inauguré le premier service de
géolocalisation indoor pour le grand public. Conçue par la société Insiteo,
l’application permet aux détenteurs de téléphone mobile de se situer dans
l’espace, de
trouver leurs boutiques préférées, de dénicher telle ou telle
marque, de
calculer un itinéraire ou encore d’accéder à des services divers (ascenseurs,
distributeurs de billets…).
C’est une déclinaison plus ludique qu’a retenue la ville de Copenhague : un banc public interactif, conçu par le bureau d’architectes danois MAPT. Entre 17h et 22h, au passage des citadins, le mobilier change de couleur et s’habille d’animations lumineuses. Objectif visé : inviter les passants à jouer, bouger et expérimenter l’espace urbain d’une nouvelle manière.
Réduire la densité publicitaire
La réduction de la surface publicitaire dans les villes devrait également
encourager la recherche en matière de fonctionnalités des mobiliers urbains.
Selon certaines études, nous percevons jusqu’à 3 000 messages publicitaires par
jour ! Partout en Europe, les grandes villes sont saturées en affichage.
La Ville de Paris envisage de réduire d’environ 30 % la densité
publicitaire sur le territoire de la Capitale. Seulement voilà : pour les
fabricants de mobilier urbain, ce type de mesure peut coûter très cher. Et pour
les municipalités, il risque de générer un manque à gagner substantiel. D’où
l’émergence de partenariats autour d’innovations technologiques.
En Allemagne, Wall AG, numéro deux de la communication extérieure, travaille
notamment sur l’affichage urbain virtuel, avec une borne multimédia permettant
de téléphoner gratuitement sur n’importe quel numéro fixe en Allemagne. En
échange de l’exploitation de cet espace publicitaire, l’entreprise offre aux
municipalités des services immatériels : informations de tous types (bars,
restaurants, musées, manifestations, boutiques, infrastructures sportives),
recherche géographique et service d’itinéraire, navigation Internet, envoi
de mails, de photos ou de SMS…
Article publié en collaboration avec place-publique.fr
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