
L’économie de proximité : une réponse aux défis majeurs de la société française. C’est, mot pour mot, le titre d’un projet d’avis voté par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) fin septembre 2010.
Comment définir cette économie de proximité ? « L’économie de proximité se définit d’abord comme un mode d’organisation de l’économie autour de la relation directe : relation des entreprises avec les consommateurs, relations entre entreprises, ancrage dans la vie locale. Son objectif est d’augmenter le bien-être en valorisant le territoire par les acteurs qui l’habitent et pour eux », note le rapporteur, Pierre Martin, président de l’Union professionnelle artisanale (UPA).
Et d’identifier deux ensembles complémentaires. D’une part l’ « économie présentielle » : économie marchande de biens et services résidentiels, activité non marchande de services centrés sur la satisfaction des besoins vitaux des populations, touristes inclus. D’autre part « une économie à dominante productive fondée sur la rencontre entre activités économiques : l’installation de plusieurs entités sur un même site permet des effets de synergie et une mutualisation des moyens qui sont sources d’une compétitivité accrue ».
16,3%
des exploitations agricoles font de la vente directe
S’il n’existe pas de mesure référente, le rapport relève que l’ « économie présentielle » où l’économie de proximité
tient une place centrale, représentait selon l’Insee 40% de l’emploi salarié en
France en 2005. Pour Pierre Martin, ce ratio doit aujourd’hui être
revu à la hausse. Le Grenelle de l’environnement a encouragé le développement
de circuits courts d’approvisionnement. « 16,3% des exploitations agricoles font de la vente directe, dont 47 %
avec transformation des produits, et ce dans toutes les filières »,
note l’auteur.
Pierre Martin insiste par ailleurs sur l’évolution des comportements de consommation, plus axés sur des achats responsables, plus soucieux de respecter des écosystèmes économiques locaux afin de limiter l’empreinte carbone et de recréer du lien social dans les territoires.
Vive
les systèmes productifs locaux !
Comment sécuriser cette économie de proximité ? L’avis suggère la
signature de conventions à l’intérieur de chaque territoire, afin de coordonner
des différents acteurs en présence, à l’image des systèmes productifs locaux
(SPL) initiés à la fin de années 1990 pour mutualiser les ressources et outils
des entreprises. «La centaine de SPL labellisés représente 18 000
entreprises et 530 000 emplois directs », signale Pierre Martin, rappelant que « ce dispositif a permis de dynamiser des
territoires qui peinaient à trouver les clés de leur valorisation».
Autres modèles évoqués : les sociétés coopératives de production (Scop) et
les coopératives agricoles.
Stratégie
de développement contre “localisme”
Pierre Martin en appelle à l’engagement des territoires qui « doivent engager une action qui s’inscrive
dans une vision stratégique à long terme afin d’éviter la logique souvent
contre-productive du “localisme” et s’attacher à favoriser une attractivité qui
soit le produit du territoire lui-même ».
Parmi les pistes stratégiques d’action proposées par
le CESE :
- L’émergence d’un “nouvel
urbanisme, fondé sur des lieux multifonctionnels et un freinage de l’étalement
urbain" ;
- Le renforcement de la présence
de l’économie de proximité dans les centres-villes ;
- Le développement de nouveaux modes
de financement public (avances remboursables, prêts à taux zéro, aides régionales…) ;
- La généralisation du fonds de
soutien à la reprise d’entreprise et la simplification des dispositifs de
soutien à l’économie.
Article publié en collaboration avec place-publique.fr
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