Février 2012
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Décide de vouloir ce qui arrive, et tu seras heureux
Epictète

Nourritures terrestres
Pendant qu’ici nous sommes confrontés aux problèmes de surproduction laitière, porcine ou viticole, nombre de pays, ailleurs, ont des difficultés à nourrir leurs populations. Produire trop appauvrit nos agriculteurs, mais la baisse des prix agricoles a des conséquences encore plus dramatiques pour les paysans du sud qui ne peuvent plus acquérir engrais et semences et sont chassés de leurs terres.
À l’inverse, si une tension sur les marchés fait monter les prix, comme en 2007-2008, ce sont les populations urbaines du tiers-monde qui ne parviennent plus à se nourrir. Repus et protégés dans nos forteresses de pays riches, nous oublions trop souvent que la faim n’a été réellement éradiquée que chez nous. Qu’en sera-t-il à l’horizon des années 2050 quand il faudra nourrir 9 milliards d’hommes ? C’est techniquement possible, disent les experts, comme il serait techniquement possible dès aujourd’hui de permettre à chaque habitant de ne pas souffrir de la faim, d’accéder à l’eau potable et aux soins médicaux de base.
Malheureusement, c’est moins une affaire de technique que d’organisation et de volonté pour mieux répartir les ressources au niveau mondial.
Mais que voit-on? Les États occidentaux ne cèdent pas sur leur protectionnisme agricole. Les Chinois achètent des terres en Afrique, par millions d’hectares, qu’ils cultivent pour leur propre compte, avec leurs propres agriculteurs. Les Américains font de même en Amérique du Sud. La politique de réduction de nos émissions de CO2, louable en soi, lance certains pays dans la course aux agrocarburants qui concurrence les cultures vivrières. La crise n’arrange rien. C’est toujours et plus que jamais le chacun pour soi.
Le problème est complexe, mais l’enjeu est simple.
Ou nous continuons à nous replier sur nos égoïsmes et nous verrons très vite le retour des grandes famines sur lesquelles nous nous lamenterons devant le journal télévisé, en coupant notre steak bien saignant.
Ou nous changeons nos comportements alimentaires, en privilégiant une agriculture de proximité plus respectueuse des cycles naturels et en allant vers plus de frugalité. Car, même si elle est renouvelable et améliorable, la production alimentaire annuelle n’est pas extensive à l’infini. Serons-nous capables de décider volontairement d’un meilleur partage? Ou attendrons-nous d’y être obligés par la contrainte de populations qui se révolteront contre leur sort?
Gontran Lejeune, Président national du CJD
Le 30-11-2009
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